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Suicide de Lucas : tout ce que nous avons obtenu n'aurait servi à rien ?

Son doux visage barré d’une grosse paire de lunettes s’est affiché en boucle sur les chaînes d’info le week-end dernier.
Lucas, 13 ans, s’est donné la mort le 7 janvier dernier.
Lucas était gay, le disait, et se disait victime de harcèlement sous forme de moqueries et d’insultes.
Cinquante ans nous séparent, Lucas et moi.
Cinquante années qui sont aussi celles, si l’on se place sur le terrain de l’Histoire, de grandes avancées en matière de droits LGBTI+.
Je suis le premier à me réjouir de tout ce que les personnes lesbiennes, gays, bies et trans ont obtenu, souvent au prix de luttes longues et semées d’embûches, durant ces cinq dernières décennies, et singulièrement en France.
De la création de la première association en 1972 avec le Fhar jusqu’à l’ouverture de la PMA aux lesbiennes 50 ans plus tard, en passant par la dépénalisation de l’homosexualité et le pacs puis le mariage pour tous, nos victoires ont été décisives.
Mais je suis vite renvoyé à l’effroi face à l’immense tragédie du suicide d’un ado gay.
Toute une vie gâchée, toute une famille dévastée.
Alors, quoi ? Tout ce que nous avons obtenu n’aurait servi à rien ?
Le mal-être que je ressentais, alors que dès les premières années de ma scolarité, j’avais pris conscience (et les autres élèves me le faisaient bien comprendre) que j’étais “différent”, sans toutefois mettre les mots dessus, est-ce le même qui a étreint Lucas au moment de son passage à l’acte ?
J’entends les mots chargés d’émotion du ministre de l’Education nationale, Pap Ndiyae, lorsqu’il explique au Sénat, en réponse à une question de la sénatrice liesbienne (EELV) Mélanie Vogel, et qu’il annonce qu’il va généraliser dans chaque académie des groupes de sensibilisation, de prévention et d’action contre l’homophobie.
Pardon Monsieur le ministre, mais j’ai l’impression d’entendre cela depuis des années, des décennies même.
Ce n’est pas suffisant, ce n’est pas à la hauteur ! On connait toutes et tous la situation.
Le risque de suicide chez les jeunes LGBTI+ est bien supérieur à celui chez les jeunes hétérosexuel·les.
C’est particulièrement vrai chez les hommes gays et bis, avec un taux de suicide près de quatre fois supérieur.
Pourtant, la problématique de la santé mentale des personnes LGBT est encore trop ignorée.
En 2018, le Défenseur des droits jugeait sévèrement l’action des pouvoirs publics, et critiquait en particulier le manque d’actions dans le domaine de l’éducation.
Sur ce point, rien n’a vraiment changé de manière décisive depuis.
Si, quelque chose a changé et pour le pire.
Il existe aujourd’hui des forces réellement hostiles et surtout agissantes contre les droits des personnes LGBT.
Je parle ainsi des milliers de personnes qui sur les réseaux sociaux, harcèlent, en meute et sous forme de raids, des personnalités ou des anonymes LGBT qui ont simplement montré leur vie : on pense bien sûr à Eddy de Pretto, Mila, à Hoshi.
Je parle aussi de membres de formations politiques qui s’en prennent à nous.
Ce qui a changé aussi, c’est que nombre de politiques encore en poste étaient au premier rang des manifs homophobes de la Manif pour tous, entre 2012 et 2014.
Deux longues années durant lesquelles les pires attaques ont été proférées contre les couples de même sexe, leurs familles, leurs enfants.
On nous a traité de tous les noms.
Cela a laissé des traces.
Et avez-vous entendu un seul mea culpa ?
Ces politiques, avec leur notoriété et leur réseau d’influence, ont contribué à rendre légitime la parole LGBTphobe.
Nos acquis n’en sont que plus fragiles. Alors, Madame Pecresse, Monsieur Ciotti, et consorts, vos tweets en réaction au suicide de Lucas sonnent creux.
Pire, ce sont des gifles !
Faites, comme l’a si justement dit Mélanie Vogel, votre examen de conscience !
Et vous, Mr Macron, arrêtez de dire que l’école primaire, c’est « beaucoup trop tôt » pour traiter des questions d’orientation sexuelle et d’identité de genre.
A six-sept ans, je savais que j’étais différent.
Dès le plus jeune âge, il faut se préoccuper de laisser les enfants LGBT en devenir grandir dans un environnement safe.
Ça vaut pour leurs parents, ça vaut pour leurs enseignant·es. Ça vaut aussi pour tous les adultes, et en particulier les politiques, qui un jour ou l’autre ont à parler des ces questions.
Les enfants vont vous écouter.

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